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Edito de notre évêque : juillet et août 2019
Article mis en ligne le 1er novembre 2018
dernière modification le 7 juillet 2019

par Philippe Pellicier

Babel…

Nous connaissons tous l’histoire de la tour de Babel (Gn 11, 1-9) qui commence par ce verset : « Toute la terre avait alors la même langue et les mêmes mots ». Avec cette langue unique qui leur permet de bien se comprendre, les hommes ont le projet de faire une tour dont le sommet sera dans les cieux. Aucune place n’est laissée à Dieu dans cette construction, Il est totalement ignoré. Dieu intervient cependant. Constatant la logique dans laquelle se mettent les hommes puisqu’ils n’auront plus de limites et que « rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront », Il fait disparaître cette langue unique. Surgissent alors de nombreuses autres langues. La conséquence est immédiate, les hommes ne se comprennent plus les uns les autres et le projet est arrêté. Voilà une vraie sanction et efficace ! N’est-ce pas plutôt l’invitation à chercher une autre voie pour unir les hommes entre eux ? Plus tard, le jour de la Pentecôte, un message sera alors compris par toutes les langues.
La tentation de ce genre de langue unique existe toujours au sein de l’humanité. Par exemple, aujourd’hui la langue « algorithmique », ou sa dérivée l’intelligence artificielle, celle que le pape appelle aussi « paradigme technocratique » n’ambitionnerait-elle pas d’être une forme de langue unique qui s’imposerait à tous ? « Aujourd’hui le paradigme technocratique est devenu tellement dominant qu’il est très difficile de faire abstraction de ses ressources, et il est encore plus difficile de les utiliser sans être dominé par leur logique. » (§ 108 de Laudato Si) écrit le pape. « Que nous le voulions ou non, nous sommes tous plus ou moins façonnés par cette manière-là de penser, de regarder l’univers qui nous entoure, notre relation avec les autres hommes, avec les êtres vivants et avec le cosmos » commentait Mgr Eric de Moulins-Beaufort dans une conférence donnée le 1er septembre 2015 à Notre Dame de la Croix. (https://www.paris.catholique.fr/laudato-si-etre-lucide-sur-notre.html)
Il ne s’agit pas de nier que ce paradigme technocratique a permis un réel développement tel que nous vivons matériellement mieux aujourd’hui qu’hier, mais de limiter sa prétention à être une sorte d’unique langue. 
Une récente controverse est comme l’illustration de cette tentation ou prétention. En effet, une université d’été, organisée par le « collectif citoyen pour une écologie intégrale », doit se tenir du 19 au 23 août à Notre Dame de L’Ouÿe, dans l’Essonne. Les organisateurs en sont notamment Louise Roblin, membre du Centre de recherche et d’action sociales (Ceras) et Martin Choutet, travailleur social à Paris.
(https://generationbethune.wordpress.com/2019/06/10/lecologie-integrale-un-concept-disputep/)
Aux enjeux sociaux et environnementaux, le collectif a ajouté les sujets de bioéthique : « Les questions autour de la manipulation génétique, de l’instrumentalisation du corps humain, de sa transformation sont en effet intimement liées aux autres enjeux » rappelle Martin Choutet. Il justifie, à ce titre, l’invitation du directeur d’Alliance Vita, Tugdual Derville, comme « expert » de ces sujets, espérant un échange constructif. On le sait, tous ces sujets sont en effet liés.
Or le philosophe, Dominique Bourg, lui-même auteur d’un livre intitulé Écologie intégrale : pour une société permacirculaire, a préféré décliner l’invitation, après avoir initialement donné son accord, ne voulant pas participer à un débat avec Tugdual Derville : « On ne débat pas de n’importe quoi avec n’importe qui », estime l’universitaire dans un tweet, daté du 8 juin.
Je trouve cela bien triste. En effet, « cette université d’été se conçoit comme un lieu de discussion, mais aussi de formation et de réflexion sur des enjeux absolument majeurs », souligne Martin Choutet, qui remarque que « la prise de conscience écologique ne s’accompagne pas encore d’un changement profond de modèle, pourtant nécessaire si l’on en croit les scientifiques ».
Refuser ou éviter le débat, c’est comme reconnaître la faiblesse de sa propre pensée, ce peut être aussi vouloir l’imposer par d’autres voies. Il nous faut débattre avec nos différentes langues et ensemble trouver la voie qui nous unira. Il est souhaité un débat apaisé à l’automne sur les questions de bioéthique. Y arrivera-t-on ou tout sera-t-il déjà ficelé par une promesse dans un programme électoral ?
Les mois de juillet et d’août sont bientôt là, propices aux échanges. Echangeons, discutons, débattons ! Préparons-nous au débat de septembre et surtout, ensemble essayons d’échapper à une nouvelle Babel !

Mgr Philippe BALLOT
Archevêque de Chambéry
Évêque de Maurienne et de Tarentaise.

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